HEG DINER

 UN DÎNER EN MUSIQUE : CELUI DES HEG

 La playlist comme nous l’entendons et la percevons est désormais tout un concept dont le contenu est sélectionné avec soin pour vous plonger dans une ambiance spécifique.

Extrait de l’article Le dîner des HEG par Mr Afropolitan.

Récit par M. Daniel Tohou

DANIEL T

Playlist par Franklin En ModeTOF franklin

Les journées furent bien remplies ; ajouter à cela les déplacements pour les prises de mesures de mes clients à Londres, New York et Berlin, mon organisme réclame du répit. Voilà enfin le week end qui me tend les bras ; ce que je ne refuse guère. Rendez-vous près des Champs- Elysées, dans un endroit que j’aime tout particulièrement : le Speakeasy, théâtre habituel d’un rituel spécifique en compagnie de mes amis.

L’arrivée


C’est au sein de ce lieu d’exception que nous avons pris l’habitude de nous retrouver pour discuter style, culture, business autour d’ un verre de spiritueux accompagné de cigares cubains. Samedi soir, nous y sommes. Lorsque je pénètre dans le bar, mes amis n’y sont pas encore et se font attendre. Mr Dan arrive le premier. Lui, c’est le businessman, toujours très sobre et élégant. Un homme avenant, sociable et toujours ponctuel. Mr Craig fait son entrée quelques secondes plus tard, c’est le comique du groupe toujours plein d’humour, son style vestimentaire est très singulier reflétant bien sa personnalité . Mr Naforee, lui emboite le pas. Sa mise est de bon goût dans un style très années 70, une sorte d’atypisme soigné , un vrai Classic Proletarian. Ms Andreas complète le tableau. Elegante, son charme et sa prestance la distingue partout où elle se trouve. Quant à moi, j’ai revêtu un smoking à veste blanche que je viens de réaliser sur mesure, avec une etoffe de chez Holland & Sherry et une doublure en coton wax. Pour les chaussures, j’ai opté pour des Richelieu noires vernies, tradition oblige. Je décide de fermer la marche, nous voilà enfin au complet, la soirée peut commencer.


Le repas


Après un verre de Yamakazi 12 ans d’âge dégusté en guise d’apéritif, un très bon whisky japonais au demeurant, nous commandons notre diner. La carte est à l’image de l’établissement : raffinée. Une plethore de plats gourmets dans la plus stricte tradition nous est offerte. Mon choix se porte sur le château filet français maison, avec un morceau de foie gras poêlé au-dessus. Le tout accompagné d’une purée maison à la truffe. J’aime avoir le temps de savourer mon repas qui est ici servi comme je l’aime : la viande est fondante à souhait. Je me délecte de ce plat que j’accommode d’un merveilleux Bordeaux, Château Margaux 2007. Sur cette note gourmande, le dîner se déroule agréablement ponctué par nos discussions animées et le ravissement de chacun devant la qualité et l’excellent contenu de son assiette.

Une fois les desserts terminés, le serveur nous propose à chacun un cognac. A partir de cet instant, une légère impatience s’empare de moi. Le moment tant attendu se profile. Ms Andreas se lève la première et l’un après l’autre nous lui emboîtons le pas. Nous la suivons et descendons l’escalier.


Le fumoir


En passant devant la cave du bar illuminée somptueusement et remplie des plus grands spiritueux existants, Un Piètrus de 62 éblouit ma rétine, un Ruinart blanc de blanc me fait les yeux doux. Un rêve éveillé. Après avoir franchi les ultimes marches, nous arrivons enfin dans le lieu que j’affectionne par-dessus tout au Speakeasy: le fumoir. Nous prenons immédiatement nos aises dans de somptueux fauteuils Chesterfield, un verre de cognac d’une main et un cigare cubain de l’autre.

Mon rituel est toujours le même : je pose mon verre de cognac sur la petite table en face de moi. Je sors lentement, comme pour savourer l’instant, ma guillotine qui sert à couper la tête de mon cigare et débarrasse l’extrémité de celui-ci d’environ 3 millimètres pour que la fumée puisse se libérer mais surtout dégager ce goût si unique et parfumée dans ma bouche.


La dégustation


Je porte au nez la cape de mon cigare, l’odeur du tabac et des feuilles de riz relèvent du divin. J’écoute ensuite le bruit si singulier émis par la pression de mes doigts sur mon cigare comme pour faire sortir celui-ci de son long sommeil.

Tout amateur de cigare est conscient de la signification donnée à la manière dont un fumeur tient son cigare, et qui peut définitivement vous cataloguer comme asocial, colérique ou avare. Mes lèvres accueillent enfin avec délectation la tête de ce formidable Cohiba, le même que Fidel Castro , un « Esplandidos ». Je saisis mon briquet à gaz et en fait jaillir les flammes.Le pied du cigare est porté à incandescence, je tire lentement dessus et garde en bouche quelques secondes la saveur terreuse qui jaillit avant de l’expulser par le nez pour en sentir les effluves. Je souffle sur les braises pour les harmoniser puis reprend mon cérémonial savoureux.

Fumer le cigare provoque en moi une sensation indescriptible. Contrairement au fumeur de cigarette, c’est le cigare qui va vers la flamme et non l’inverse. Pour moi, cela s’apparente d’une certaine manière à un homme faisant la cour à une femme avant de vivre un moment de passion.


Le final


Nous abordons nos rituels de manière différente mais nous convergeons vers le même état de grâce une fois nos cigares allumés. Petit à petit, nous revenons à nous et nous reprenons le fil de notre discussion en plaisantant et philosophant sur l’insouciance que nous procure ces moments de réjouissance. Nous échangeons encore un long moment en nous gardant bien de consommer entièrement nos Cohibas.

Les cigares sont éteints, nous trinquons une dernière fois. Mr Nafoore est le premier à devoir s’en aller. Très vite , il est déjà temps de nous dire au revoir, mes amis me quittent l’un après l’autre. Comme le dit si bien l’adage, il n’est pas de bonne compagnie qui ne se quitte… En ce qui nous concerne, c’est avec le sourire. Ne vaut-il mieux pas repartir ainsi afin de ne pas gâcher l’effet magique procuré par ce genre de rendez-vous ?

Je me retrouve seul, loin d’être pressé, souhaitant rester encore un peu dans cet endroit. En sus de mes plaisirs, je veux aussi savourer le calme qui m’entoure. Le verre portée à ma bouche, j’avale une dernière gorgée de cognac. A nouveau, je porte à mes lèvres ce qui reste de mon cigare. J’inhale et exhale une dernière bouffée de ce délicieux Cohiba. Je ferme les yeux, je me sens bien…

En les rouvrant, je reprends peu à peu mes esprits et j’en viens à la conclusion que cette soirée pourrait être idéale pour tout vrai Highly Educated.